Systèmes de murs végétaux, sécurité incendie & responsabilité
Ce que les équipes projet doivent comprendre avant de prescrire des murs végétaux préservés dans des intérieurs professionnels.
Sommaire
#Le design biophilique a atteint sa maturité
Les murs végétaux ne sont plus perçus comme des éléments expérimentaux ou de simples partis pris décoratifs. Ils sont aujourd’hui largement prescrits dans les bureaux, l’hôtellerie, les établissements de santé et les bâtiments publics.
Toutefois, des incidents récents et des évolutions réglementaires en Europe, au Royaume-Uni et dans d’autres régions ont mis en lumière un écart critique entre l’intention biophilique et la responsabilité technique.
La sécurité incendie n’est pas une préoccupation secondaire dans les projets de murs végétaux. C’est un enjeu central de prescription, qui doit être traité tôt, de manière transparente, et produit par produit.
#Le problème ne vient pas des murs végétaux
Mais d’un manque de clarté et de prescriptions insuffisantes
L’attention croissante portée aux murs végétaux ne remet pas en cause le design biophilique en tant que tel. Elle résulte de descriptions de matériaux trop vagues, d’allégations trompeuses de « résistance au feu », de confusions entre systèmes vivants, systèmes préservés et panneaux décoratifs, ainsi que d’un manque de tests à l’échelle du système.
Dans de nombreux cas documentés, le risque incendie ne provenait pas uniquement de la végétation, mais de la manière dont les systèmes étaient assemblés, documentés et prescrits.
Traiter les murs végétaux comme des ajouts décoratifs plutôt que comme des systèmes architecturaux est à l’origine de la majorité des non-conformités.
#Murs végétaux vivants vs systèmes préservés
Une distinction fondamentale à ne pas négliger
L’une des erreurs de prescription les plus fréquentes consiste à ne pas distinguer les murs végétaux vivants des systèmes de murs végétaux préservés.
Les systèmes vivants impliquent généralement
- Irrigation
- Croissance organique
- Substrats et couches de support évolutives
- Maintenance continue et présence d’humidité
Ces variables génèrent des comportements au feu imprévisibles et nécessitent souvent des stratégies d’ingénierie incendie spécifiques à chaque projet.
Les systèmes préservés, lorsqu’ils sont correctement conçus, offrent
- Une composition matérielle stable
- Aucune irrigation ni évolution biologique
- Un comportement prévisible dans le temps
- La possibilité de tester précisément les composants et assemblages
Toutefois, la végétation préservée seule ne suffit pas. La performance incendie dépend de l’ensemble du système, pas uniquement de la couche visible.
#La sécurité incendie est une question de système
Pas une simple allégation matériau
Un problème récurrent mis en évidence par les recommandations récentes et les enquêtes du secteur est l’utilisation abusive de certifications partielles. Un échantillon de mousse testé isolément ne représente pas un mur végétal en conditions réelles.
La performance incendie doit prendre en compte
- Le type et la densité de végétation
- Les matériaux de support
- Les colles et systèmes de fixation
- Les cadres, substrats et interfaces murales
- La configuration de pose
Les fabricants responsables testent et documentent des assemblages complets, et non des éléments décoratifs isolés. Toute affirmation qui se limite à « la mousse est classée feu » est incomplète et potentiellement trompeuse.
#Comprendre les classifications feu
Pourquoi la clarté est essentielle pour les prescripteurs
Les classifications feu varient selon les régions, mais le principe reste identique : les matériaux et systèmes doivent démontrer une réaction au feu maîtrisée, et non une simple résistance à l’inflammation.
Pour les systèmes de murs végétaux préservés, cela implique une communication transparente sur la classification, une description précise de ce qui a été testé, et une information honnête sur les limites.
La mauvaise interprétation des classes feu, notamment entre les systèmes de classe B et de classe C, a été une source majeure de confusion ces dernières années.
#La responsabilité va au-delà de la conformité
Atteindre le niveau minimal requis de classement feu est nécessaire, mais insuffisant.
Dans les intérieurs professionnels, la responsabilité inclut également
- L’anticipation des risques
- La prévisibilité des performances à long terme
- Une documentation claire pour les bureaux d’études et autorités
- La limitation des complexités inutiles dans les processus d’approbation
Ceci est particulièrement critique dans
- Les sièges d’entreprises
- Les bâtiments publics
- Les environnements hôteliers et de santé
#La position de Greenmood
Concevoir des systèmes biophiliques responsables
Chez Greenmood, les murs végétaux préservés sont conçus et documentés comme des systèmes architecturaux, et non comme des surfaces décoratives.
Cette approche repose sur plusieurs principes non négociables
- Végétation préservée sélectionnée pour sa stabilité et sa constance
- Tests feu et documentation à l’échelle du système
- Aucune irrigation, aucune évolution biologique, aucune variable cachée
- Différenciation claire des typologies de produits et des usages
- Intégration précoce dans les cahiers des charges
L’objectif n’est pas de maximiser l’impact visuel à tout prix, mais de permettre une intégration responsable, prévisible et sûre des solutions biophiliques dans des environnements exigeants.
#Ce que les équipes projet devraient faire différemment
Afin de limiter les risques inutiles, les équipes projet devraient :
La sécurité incendie ne peut pas être ajoutée a posteriori dans un projet biophilique. Elle doit être intégrée dès la conception.
#Vers un avenir plus mature du design biophilique
L’attention accrue portée à la sécurité incendie des murs végétaux n’est pas un frein au design biophilique. C’est un signe de maturité.
À mesure que le secteur évolue, les fabricants, prescripteurs et concepteurs responsables ont l’opportunité d’élever les standards, de clarifier les attentes et de renforcer la confiance.
Le design biophilique continuera de se développer. Mais seules les solutions combinant intention esthétique, rigueur technique et responsabilité durable traverseront le temps.
Conclusion clé
Les systèmes de murs végétaux préservés peuvent être sûrs, conformes et fiables. Mais uniquement lorsqu’ils sont prescrits comme des systèmes, et non comme des surfaces. C’est à cet endroit précis que commence un design biophilique responsable.













